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Renato Barrientos

« Je suis Renato, d'origine péruvienne. À trois ans, je suis arrivé au Québec en plein milieu d'une tempête de neige. C’est une journée dont je me souviendrai toujours. En sortant de l’avion, ma mère s’est exclamée : « Mais c'est quoi cet endroit? ». J'étais enveloppé dans un manteau comme un petit ours polaire, parce que ma grand-mère nous disait: « Là-bas, il fait froid! Il y a des igloos ». Auparavant, les gens à l'étranger avaient cette perception, nourrie par les images diffusées au Pérou. Je n'ai pas vraiment l'accent espagnol, parce que mes parents se sont intégrés et ont vécu à Pointe-aux-Trembles.


Mon parcours a été atypique et explosif. Après le secondaire, je me suis retrouvé dans l'incertitude, comme beaucoup de jeunes. J'ai fait le tour des cégeps: Dawson, Maisonneuve, Vieux-Montréal, et finalement, Cégep de Rosemont. Plus tard, j’ai rencontré ma femme, Catherine. Elle m’a toujours encouragé, en me disant: « Il faut que tu fasses quelque chose. Il faut que tu t’essaies ». J'ai donc décidé d'explorer les possibilités universitaires. J'ai choisi la sociologie, qui m'a fait découvrir ma passion pour l'enseignement. Ensuite, j'ai poursuivi un baccalauréat à l'Université de Montréal. J'ai fait une pause en raison de la grossesse de ma femme, puis j'ai repris mes études. J'ai aussi enseigné à des classes spéciales pendant environ trois ans. Je suis quelqu'un de serviable, qui aime faire des blagues en travaillant. En gros, je me considère un grand comique. Je crois que c’est ce qui a fait en sorte que les élèves et le personnel appréciaient ma façon d'aborder les choses et ma personnalité.


Par la suite, j'ai suivi une formation en construction et j'ai travaillé comme installateur de gicleurs pendant 4-5 mois. J'ai vite réalisé que ce n'était pas pour moi, surtout à cause des dangers et des efforts physiques intenses. Pendant la pandémie, j'ai décidé de retourner aux études pour devenir infirmier auxiliaire à l'École des métiers des Faubourgs-de-Montréal. Étudier pendant la COVID a été une expérience spéciale. Tout était condensé et en ligne, ce qui rendait la concentration difficile. Je me souviens d'un cours qui traitait des interactions avec les enfants. J'ai eu une évaluation où je devais montrer comment administrer un médicament à un enfant, alors j'ai utilisé la poupée de ma fille. Ma professeure évaluait mon approche et mon attitude bienveillante envers l'enfant, en imaginant que c'était une vraie personne. On a aussi eu des exercices pratiques avec des mannequins. Lors des stages, on a eu l'opportunité de travailler avec de vrais patients, ce qui a été une expérience totalement différente. Notre groupe, qui comptait initialement 30 étudiants, n’était que de six à la fin. Bien que les gens pensent qu’un DEP est facile, la réalité est tout autre. Comparé à mon expérience universitaire, le DEP en tant qu'infirmier auxiliaire nécessitait une charge de travail bien plus importante, avec l'acquisition de connaissances qui devaient être mémorisées et la constante évaluation de nos connaissances par les enseignants. Je pense qu'à l'avenir, j'aimerais essayer d'enseigner mon métier à ceux qui souhaitent devenir infirmiers, mais je laisse la vie me réserver ses surprises.


L'un des êtres les plus importants de ma vie est mon chien. (Rires!) Mais non, ce n’est pas vrai! C'est Catherine. Avant de la rencontrer, je faisais un peu n'importe quoi. Quand elle est arrivée, ma vie a pris davantage de sens. Elle m'a réellement permis d'aller plus loin. Mes parents étaient toujours présents, mais Catherine a eu un impact positif dans ma vie, me donnant une sensation de sécurité. À ce jour, on s’entend aussi bien qu’au début et on continue de se soutenir mutuellement.


Quand je donne tout de moi-même et que je vois les patients se sentir écoutés, sortir de ma salle avec un sourire, je me dis « Oh mon Dieu, j'ai bien travaillé ». Je n'ai aucun regret ni pensée négative lorsque je termine ma journée en ayant accompli mon travail adéquatement. J'adore faire rire et sourire les gens qui m'entourent, y compris mes enfants. Chaque jour, je les vois grandir alors que je vieillis. On dit souvent que les métiers de la santé nous apprennent beaucoup sur l'humain. Parfois, on peut perdre de vue cet aspect « humain », mais c'est quelque chose que j'aimerais préserver à long terme. »

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